La lecture de la Torah de cette semaine commence par la mitsva des Bikourim, les prémices que l’on apporte en offrande à Jérusalem. Vivant loin du monde agricole, nous avons du mal à mesurer le sacrifice qu’implique cette mitsva. Songez-y un instant : pendant tout l’hiver et tout le printemps, un agriculteur a pris soin de ses champs et de ses vergers et préparé ses cultures. Enfin, au début de l’été, ses produits commencent à mûrir.

Peut-il en consommer lui-même ? Peut-il les vendre pour en tirer un bénéfice ?

Non. Les prémices doivent être mises de côté et apportées au Temple en offrande.

Pourquoi la Torah demande-t-elle cela à une personne ? Pourquoi ne lui accorde-t-elle pas un peu de satisfaction avant d’exiger quelque chose d’elle ?

Par cette mitsva, la Torah nous enseigne la hakarat hatov, la reconnaissance pour le bien que D.ieu nous accorde. Ces produits n’ont pas poussé tout seuls. Sans les bénédictions de D.ieu, ni l’agriculteur, ni sa terre, et encore moins ses produits, n’existeraient. Pour témoigner sa reconnaissance envers la bonté de D.ieu, l’agriculteur ne se contente pas de Le remercier en paroles. Il se rend tout spécialement à Jérusalem afin d’exprimer sa gratitude.

Cette explication nous permet de comprendre pourquoi, peu après avoir décrit la mitsva des prémices, la lecture de la Torah mentionne une alliance conclue entre D.ieu et le peuple juif au sujet de la Torah tout entière. Car, dans un sens plus large, cette mitsva se rapporte à tous les aspects de notre observance de la Torah. D.ieu nous accorde la vie, la santé et le bien-être. Et Il nous a fait savoir qu’Il désire que nous observions Sa Torah. Par gratitude et reconnaissance, nous accomplissons Sa volonté.